Des opposants contre le plan de sortie de crise de Gilchrist Olympio
(PANAPRESS, Paris, France, 5 octobre
2003)
Des opposants togolais, réunis au sein du Comité
togolais de résistance (Ctr), ont rejeté
hier dimanche, lors d'un meeting organisé à
Paris, le plan de sortie de la crise politique au Togo
proposé par l'Union des forces de changement
(Ufc) de Gilchrist Olympio, principal adversaire du
président Gnassingbé Eyadéma.
Selon
Isidore Latzoo, président du Ctr, le plan de
l'Ufc, qui prévoit la reprise du dialogue inter-togolais
et la formation d'un gouvernement de transition chargé
d'organiser les prochaines consultations électorales,
n'est «à la hauteur des attentes du peuple
togolais».
«Nous
accueillons très défavorablement l'idée
d'un dialogue inter-togolais défendue par l'Ufc
en disant que ce genre de solution a déjà
été essayé des dizaines de fois
sans résultat. Nous pensons également
qu'un gouvernement d'union nationale tel que proposé
par l'Ufc ne résoudra pas les problèmes
du Togo. Il n'y a donc rien de nouveau dans ce plan
de Gilchrist Olympio», a déclaré
à la Pana M. Latzoo.
Le
Ctr estime, a-t-il ajouté, que seule la création
d'une «troisième force», distincte
du régime de Lomé et de «l'opposition
démocratique traditionnelle», peut créer
les conditions de l'avènement «d'un gouvernement
de salut public» qui aura pour mission de «restaurer
la République».
«Nous
ne sommes pas dans une querelle sémantique mais
dans un débat de fond. Nous disons qu'il faut,
non pas un gouvernement d'union nationale qui cohabiterait
avec Eyadéma, mais un gouvernement de salut public
qui doit restaurer la République au Togo où
il n'existe plus d'espace de liberté et de démocratie»,
a affirmé l'opposant togolais.
Il
a en outre indiqué le Ctr défend la mise
en place d'une «force d'autodéfense»
dont la mission essentielle sera de protéger
les citoyens togolais contre les «dérives»
des forces de défense et de sécurité
togolaises.
«Nous
ne le cachons pas, ce dont nous avons besoin aujourd'hui
dans le cadre de la troisième force, c'est la
mise en place d'une force d'autodéfense capable
de tenir tête au régime de Lomé
qui a transformé les forces de l'Etat en milices
qui persécutent opposants et acteurs de la société
civile. C'est à tous ces problèmes que
l'Ufc devait proposer des solutions. Son plan proposé
à Bruxelles ne saurait être une alternative
à la crise au Togo», a affirmé Isidore
Latzoo.
Dans
le cadre des consultations sur la situation socio-politique
au Togo, le président de la Commission européenne,
Romano Prodi, a reçu la semaine dernière
à Bruxelles le Premier ministre togolais, Koffi
Sama, et le président de l'Ufc, Gilchrist Olympio.
M.
Sama s'était également rendu à
Paris où il a eu un entretien sur le même
sujet avec le ministre français délégué
à la Coopération, Pierre-André
Wiltzer, dont le pays encourage les autorités
de Lomé à organiser au plus vite des élections
locales avec la participation de toutes les sensibilités
togolaises.
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